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3. Projet – Impacts de la réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent sur le doré

1. Dates de réalisation

Début du projet :

Avril 2007

Date de fin :

Octobre 2012

Personne-ressource :

Sébastien Lord

Pourcentage d’avancement des travaux :

10 %

1.1       Connaissances scientifiques visées

Le projet entrepris il y a quelques années visait à mesurer les impacts de la réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent sur la population de dorés, déjà présente. Les mesures prises annuellement devaient permettre de comprendre l’impact de la compétition entre les espèces sur leur comportement et leurs habitudes alimentaires. L’entreprise dont l’activité économique est la pêche du doré, ne dispose d’aucune donnée publique sur les interactions du bar rayé avec le reste de la faune aquatique du Saint-Laurent. Elle cherchait donc à comprendre les interactions du bar rayé avec le doré afin de prévoir ses déplacements et de continuer ainsi à exploiter la pêche du doré dans le fleuve. Les données recueillies dans les dernières années avaient révélé la présence de gobies à taches noires en grande quantité. On avait pu constater une modification du régime alimentaire du doré qui s’amplifie avec le temps, ce qui est probablement le cas également pour le bar rayés malgré qu’ils ne se tiennent pas à la même profondeur, mais l’absence de permis pour éviscérer les bar ne permet pas de s’en assurer. Jusqu’à maintenant le bar rayé ne semble pas causer d’impact majeur sur les habitudes du doré. Toutefois, ces modifications alimentaires ont réduit considérablement le nombre de prises de doré noir en 2012 mais paradoxalement une très bonne augmentation pour le doré jaune. De plus, les espèces pêchées sont plus variées qu’auparavant (esturgeon, perche blanche) et le nombre de prises du bar rayé augmente de façon constante ce qui confirme qu’il fraye dans le secteur. Les travaux de 2012 ont d’ailleurs permis de confirmer la qualité du site de fraye au banc sur la pointe de l’ile Madame par la qualité et l’abondance des spécimens. Cependant, le trajet des bars dans le couloir fluvial à partir de la Gaspésie pour venir frayer dans la zone limite entre l’eau salée et l’eau douce risque d’êtres parsemé de site de pêche commerciale ce qui limitera assurément le nombre de spécimens qui se rend jusqu’au site de fraye. De plus, on ne peut déterminer l’impact de l’arrivée du gobies dans le régime alimentaire de différentes espèces(doré-gobie-moule zébrée-contaminants) sur la qualité de la chair et la teneur en mercure.

1.2       Travaux d’investigation systématique effectués

Orientation des recherches pour l’été 2012

Puisqu’il est impossible d’obtenir de permis de pêche spécial du MRNFQ, permettant d’éviscérer les spécimens de bars capturés, les travaux en seront probablement à leur dernière année. Les activités se limitent toujours à une cueillette de données et des observations physiologiques sommaires si le poisson est pêché ainsi que des relevés géographiques des sites de pêche et de fraye. On doit relâcher toutes les prises de bar rayé, ce qui élimine les possibilités de procéder à des analyses alimentaires et pouvoir déterminer si la présence du gobie à taches noires a un impact aussi significatif comme c’est le cas pour le doré. Cette année la zone d’activité s’est déroulé d’avantage dans le secteur de l’îles madame et l’îles Réaux mais les prises de bars rayés se sont concentrées sur le banc de l’ile Madame et entre l’ile Réaux et l’ile Madame du 18 mai au 24 septembre.

Déroulement des recherches (mai à septembre 2012)

Cette année, la période de pêche a permis de capturer et conserver 849 dorés (536 noirs et 313 jaunes) en 63 jours d’activité. La totalité des spécimens ont été éviscérés et analysés. Ces prises ont révélé que la présence en abondance du gobies dans l’alimentation du doré est probablement la principale cause de la baisse de spécimens capturés plus particulièrement le noir qui est également moins gros en moyenne. On remarque que les estomacs de doré noirs sont plein de gobies seulement au printemps. Les doré jaune ont été plus facile à pêcher en 2012 et les spécimens sont encore plus vigoureux et gras. La réglementation imposée par le MRNFQ sur la limite de taille à respecter (entre 14 ¾ et 21 pouces) a profité à une progression rapide de l’espèce dans cette région. Une incertitude demeure quant à la qualité de la chair du doré et sa teneur en mercure en particulier. Comme la chaine alimentaire est un peu modifiée par la présence en grande quantité du gobies à taches noirs qui mange de la moule zébrée, qui elle filtre l’eau et les contaminants du fleuve, on peut penser que certains contaminants puissent se retrouver dans le système de quelques espèces mais on ne peut savoir dans quelle proportion sans procéder à une analyse plus spécifique de la chair de poissons capturés.

L’équilibre semble se créer au niveau alimentaire mais on constate toujours que la pression exercée par la pêche a davantage d’influence que la disponibilité des ressources si on se fie à la progression du bar rayé dont les spécimens sont de bonne grosseur et très vigoureux. Cette année on a pu constater une évolution rapide de l’espèce par les prises effectuées. On a pêché 11 spécimens dont plusieurs petits. L’ensemble des spécimens capturés ne comportaient aucune anomalie ou blessure et semblaient très vigoureux, surtout dans la zone de fraie. La plupart des prises de bar a été faite encore cette année au vers de terre. Dans cette zone ou le poisson revient frayer, il serait très facile de pêcher plusieurs spécimens à répétition de par son comportement et c’est ce qui est probablement la cause de la disparition de l’espèce dans les années 50.

Les analyses effectuées au fil des périodes de pêche ont permis de déterminer que la présence du gobie a transformer le mode d’alimentation de plusieurs espèces, ce qui peut expliquer en partie la plus grande difficulté à capturer des spécimens de doré. Cependant, on n’a pu relever d’indice ou de signes précis qui tendent à expliquer l’influence que pourrait avoir la présence de plus en plus nombreuse du bar rayé sur le comportement et l’évolution du doré jaune ou noir. On peut conclure cependant que le gobie a bousculer la chaine alimentaire de cette région du fleuve sauf qu’on ignore son impact sur l’alimentation du bar rayé et jusqu’à quel point le gobie a créé un équilibre qui diminue la lutte pour les ressources entre le doré et le bar. En l’absence d’un permis permettant de vérifier le régime alimentaire du bar, on ne peut faire progresser d’avantage les recherches. Ainsi, les travaux ne seront pas poursuivis..

 

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