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3. Projet – Impacts de la réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent sur le doré

1. Dates de réalisation

Début du projet :

Avril 2007

Date de fin :

Octobre 2012

Personne-ressource :

Sébastien Lord

Pourcentage d’avancement des travaux :

10 %

 

Le projet vise à mesurer et quantifier les impacts de la réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent sur la population de dorés, déjà présente. Les mesures prises à chaque saison devraient permettre d’identifier l’évolution géographique de la population de bars rayés et son impact sur la densité de celle de dorés et sur leurs caractéristiques physiques (poids et grosseur). Par ailleurs, on devrait être en mesure de comprendre l’impact de la compétition entre les espèces, lors des périodes où leur nourriture commune est absente de leur milieu. L’entreprise dont l’activité économique est la pêche du doré, ne dispose d’aucune donnée publique sur les interactions du bar rayé avec le reste de la faune aquatique du Saint-Laurent. Elle cherche donc à comprendre les interactions du bar rayé avec le doré afin de prévoir ses déplacements et de continuer ainsi à exploiter la pêche du doré dans le fleuve St-Laurent. Les travaux de recherche devraient permettre la caractérisation et quantification des relations qui existent entre ces 2 espèces, l’impact sur la disponibilité de la nourriture, l’évolution de la croissance et de la territorialité de chacune. Les données recueillies au fil des saisons permettront de réorienter les hypothèses et de découvrir de nouveaux éléments, toujours en relation avec la population de dorés.

La collecte de données de l’été 2009 n’ont pas permis d’établir un constat précis sur la territorialité des espèces. Elle a tout de même permis d’accroître les connaissance sur l’impact de la prolifération du gobies à tache noir qui semble dorénavant faire partie de l’alimentation régulière du doré noir.

Seulement 1 bar rayé a été capturé durant les 43 jours de pêche effectués ce qui limites les indications quant à l’évolution de leur habitudes et croissance. Comme on ne peut analyser les spécimens qui sont obligatoirement remis à l’eau, il est encore impossible de déterminer l’impact de sa présence sur les populations de dorés. Ce poisson se tient en banc, vit en eau moins profonde que le doré et se déplace beaucoup ce qui pourrait limiter la compétition qu’on appréhende. On sait que la croissance du bar rayé peut aller jusqu’à 80 livres et qu’il pourrait éventuellement s’alimenter de doré. Est-ce que la présence du gobie (eau douce) pourrait se retrouver dans l’alimentation du bar rayé (eaux saumâtres douces) et modifier son comportement vis-à-vis du doré.

 

1.1       Travaux d’investigation systématique effectués

Orientation des recherches pour l’été 2009

L’entreprise est toujours confronté au même obstacle dans la poursuite de ses travaux d’analyse plus poussée de l’alimentation et la possible compétition entre le bar rayé et le doré : le permis de pêche spécial du MRNFQ lui a été refusé. La collecte de données du bar rayé devra de nouveau se limiter à des observations physiologiques sommaires si le poisson est pêché et aux relevés géographiques de ses emplacements. On doit relâcher toutes les prise de bar rayé ce qui élimine les possibilités d’analyses alimentaires lors d’éviscérations. La zone de collecte de données est délimitée entre l’île Madame  et l’île Oraux et les ilets de Berthier-sur-mer pour la période du 11 mai au 5 août 2009.

Déroulement des recherches (mai à août 2009)

Cette année la période de prise de données a été considérablement réduite. Au total 43 sorties de pêches ont été effectuées. Parmi ces sorties, une seule a permis de pêcher un spécimen de bar rayé. Les observations faites à ce moment ressemble en tout point à ce qu’on avait pu évaluer antérieurement. Lors de la capture du poisson, on a pu observer directement dans l’eau la présence d’autres bars rayés et leur comportement agité, contrairement au doré qui demeure plus passif lorsque le banc est perturbé. Cette observation pourrait signifier que le bar rayé serait plus propice à agir en groupe, soit pour se nourrir, soit pour se déplacer ou frayer. Des observations et discussions avec d’autres pêcheurs ont permis de valider cette habitude et d’évaluer les zones géographiques (embouchure de la rivière du sud à Montmagny ou fraye le bar rayé) précises. Il est encore impossible d’établir des liens entre la présence du bar rayé et l’arrivée en grand nombre du gobie dans le fleuve sur le comportement et la situation géographique du doré à long terme.

Les analyses sur les spécimens de doré capturés (Doré jaune :354, Doré noir= :380) ont permis de confirmer la présence constante et croissante du gobie dans l’alimentation du doré noir ce qui n’est pas possible de vérifier sur le bar rayé. La littérature révélait que les deux espèces auraient tendance à se nourrir des mêmes espèces (éperlans, aloses et caplans). Or, la grande majorité des estomacs de dorés noirs échantillonnés en cours de saison (380) contenaient des restes de gobies ce qui n’est pas observé sur le doré jaune. Le gobie, catégorisé comme espèce nuisible par le MRNFQ, est bien intégré à l’intérieur de la chaîne alimentaire et croit à une vitesse fulgurante. Il n’effectue pas de migrations saisonnières (contrairement aux autres espèces) et serait donc toujours présent dans le fleuve comme source de nourriture et comme principal prédateur de la moule zébrée. Cette modification à la hausse des ressources disponibles risque d’influencer à la baisse le nombre de capture de doré noir. Cependant, on ne peut évaluer si cette présence relativement nouvelle dans les eaux du fleuve crée un impact sur les habitudes alimentaires du bar rayé qui vit dans des eaux plus saumâtres que le gobie et sur sa rivalité possible avec le doré pour les ressources alimentaires. En effet, l’absence de permis spécial empêche d’effectuer un comparatif avec les sources de nourriture du bar rayé, à savoir si lui aussi a intégré le gobie dans son alimentation. Si cette hypothèse s’avère vrai, est-ce que la population de gobies pourrait suffire aux besoins de chaque espèce et réduire la lutte entre celles-ci pour la consommation des ressources disponibles? D’autres données prises à plus long termes permettront de déterminer des corrélations directes entre l’augmentation de l’offre alimentaire et ses effets sur le comportement et l’évolution des populations des dorés et bar rayés. Les recherches se poursuivront.

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