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2.Projet – Impacts de la réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent sur le doré 

2.1         Dates de réalisation

Début du projet :

Avril 2007

Date de fin :

Octobre 2012

Personne-ressource :

Sébastien Lord

Pourcentage d’avancement des travaux :

10 %

2.2         Avancements technologiques

Les recherches qui sont effectuées visent à atteindre les avancements suivants:

§    Caractérisation et quantification des relations qui existent entre le bar rayé et le doré dans le fleuve Saint-Laurent; impact sur la disponibilité de la nourriture, évolution de la croissance de chacune des espèces et évolution de la territorialité de chacune des espèces. Les données recueillies au fil des saisons permettront de réorienter les hypothèses et de découvrir de nouveaux éléments, toujours en relation avec la population de dorés.

La collecte de données à la fin de la saison 2008 présente les résultats suivants:

§    Sur les 71 sorties effectuées durant l’été, 2 bars rayés de 10 à 24 pouces ont été pêchés, tous les deux la même journée, près de l’île Madame (25 juillet). Cependant, plusieurs bars rayé ont été observés lors de cette journée.

§    La population de dorés pêchés se caractérise comme suit (Note : étant donné le grand nombre de spécimens, une moyenne seulement a été établie lors de chacune des sorties). Les 71 sorties ont permis de pêcher environ    1 800 dorés, soit 25 poissons en moyenne. Il s’agit des poissons gardés hors de l’eau. Leur poids variait de 1½ à 7 livres et leur longueur de 12 à 24 pouces.

§    Un nouveau facteur semble pointer et pourrait venir influencer le comportement des deux espèces (bar rayé et doré), il s’agit de la présence de gobie à tâches noires dans la quasi-totalité des estomacs de doré qui ont été analysés lors des éviscérations, soit environ 152. Selon les informations du MRNFQ, le gobie serait une espèce nuisible venue d’Europe dans des ballastes de porte-conteneurs, mais, force est de constater que celui-ci  aurait des prédateurs naturels dans le fleuve.

Suivant ces données on a conclut que :

§    Le bar rayé semble être un poisson qui se tient en banc. Lors de la pêche des deux spécimens, plusieurs autres individus ont pu être observés en surface. Alors que le doré semble figé lorsque l’un d’eux est pêché, les autres bars rayé se sont approchés de celui qui était pêché. Cette observation sera prise en compte lors des analyses, ce qui pourrait entraîner un déplacement important de certains bancs, plutôt que quelques individus.

§    L’endroit où les bars ont été pêchés est très différent de celui traditionnellement occupé par le doré. Alors que ce dernier privilégie les fonds plus rocheux, le bar semble se tenir dans des endroits peu profonds à fond sablonneux. Les prises faites en 2007 et 2008 semblent privilégiés cette avenue.

§    La présence de gobie dans la totalité des échantillons de doré amène une modification des hypothèses émises en 2007 relativement aux sources de nourriture disponibles dans le fleuve. Si les sources sont maintenant séparées, que le bar rayé continue de s’alimenter principalement d’éperlan et que le doré se nourrit de gobie, la compétition entre les deux pourrait être moindre que prévue. Ces conclusions seront prises en compte lors de l’établissement des corrélations.

2.3        Contenu technique

Orientation de recherche pour l’été 2008 (novembre 2007 à avril 2008)

Les conclusions de l’été 2007 n’ont pas permis d’identifier clairement les paramètres qui permettront de recentrer les recherches du comportement du bar rayé. Un obstacle supplémentaire s’est dressé relativement à l’analyse plus poussée de l’alimentation et de la possible compétition entre le bar rayé et le doré, le permis spécial de pêche spécial du MRNFQ n’a pu être délivré à temps pour la saison 2008. La collecte de donnée du bar rayé devra de nouveau se limiter à des observations physiologiques sommaires s’ils sont pêchés et aux relevés géographique de leurs emplacements.

La zone de collecte de données sera centralisée pour la période de 2008 à un rayon de 3 miles autour de Saint-Michel-de-Bellechasse, port d’attache d’Excursions Chasse-Pêche. La zone sera principalement entre l’Île d’Orléans et l’Isle-aux-Grues. Cette région avait identifiée à la fin de la saison 2007 comme étant un site prometteur pour l’observation des interactions entre ces deux espèces.

Déroulement des opérations de recherches (mai à octobre 2008)

Dès le début de la saison, le facteur météo entre en ligne de compte comme étant un important obstacle à la collecte de données. Au total, 34 sorties ont été annulées en cours de saison, ce qui n’a laissé que 71 sorties pour effectuer de la collecte de donnée.

Parmi ces sorties, une seule à permis de pêcher des spécimens de bar rayé. Les observations faites à ce moment ont cependant permis d’accroître les connaissances sur l’animal. Lors de la pris d’un spécimen, on a pu observer directement dans l’eau la présence d’autres bar rayé et que ceux-ci avait un comportement agité, contrairement au doré qui demeure plus passif lorsque le banc est perturbé. Cette observation pourrait signifier que le bar rayé serait plus propice à agir en groupe, soit pour se nourrir ou soit pour se déplacer.

Les analyses sur les spécimens de doré ont permis d’émettre une nouvelle hypothèse sur la nourriture des deux espèces. La littérature révélait que les deux espèces auraient tendances à vouloir se nourrir des mêmes espèces (éperlan, alose et caplan), or la totalité des estomacs de dorés échantillonnés en cours de saison, environ 152, avait des restes de gobies dans leur estomac. Ce poisson étranger, catégorisé comme espèce nuisible par le MRNFQ, se serait intégré à l’intérieur de la chaîne alimentaire. Nous ne savons pas si le gobie fait une migration contrairement aux autre espèces donc il serait toujours dans le fleuve comme sources de nourriture. L’absence du permis spécial empêche toutefois d’effectuer un comparatif avec les sources de nourritures du bar rayé, à savoir si lui aussi à intégrer le gobie dans son alimentation.

Analyse sommaire de l’été 2008

L’aspect météo de l’été 2008 a possiblement eu un impact sur le peu de spécimen de bar rayé pêché au courant de la saison. Cette région du fleuve avait été identifiée en 2007 comme étant un site important à cause des eaux saumâtres qui baigne la région. Or, l’abondance de pluie durant l’été 2008 a gonflé les rivières du bassin hydrographique du Saint-Laurent et du même coup augmenter la proportion d’eau douce et a probablement fait reculer les eaux saumâtres au-delà de l’Isle-aux-Grues. puisque plusieurs spécimens de bar rayé ont été pêchés et observés par des amateurs au quai de Saint-Jean-Port-Joli.

Un point commun semble se détacher des prises de bar rayé qui ont été faites en 2007 et 2008, tous ces endroits avaient un fond de type sablonneux. Cet élément, combiné avec les faits historiques du bar rayé, où une des raisons de sa disparition du Fleuve serait due aux opérations de dragage du fleuve qui ont fait remonter plusieurs roches et sédiments sur le sable. On ignore à ce moment-ci si le fonds sablonneux est nécessaire au bar rayé pour sa reproduction ou son alimentation. Cet élément pourrait ralentir sa progression dans le sud puisqu'il existe peu d'environnement sablonneux au sud de l'île d'Orléans Le doré préférant quant à lui des fonds de rivières de type rocheux, le choc entre les deux espèces pourrait être moins grand que prévu. Une attention sera portée à cet élément lors des analyses futures.

À la suite des données prises cette année, la même région sera visitée au cours de l’été 2009 afin d’accroître les connaissances et possiblement éclairer les résultats obtenus en 2007 et 2008.

La collecte de données a été influencée de manière importante par la météo de 2008 ou près de 34 sorties ont dû être annulées pour cause de mauvais temps.

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